Henry : "Un parfum de Mondial"
| L’équipe de France a terminé 2005 par un match nul face à l’Allemagne (0-0) au Stade de France. Thierry Henry n’est pas déçu de ce résultat. Le buteur des Gunners trouve que les Bleus, notamment Nicolas Anelka, ont réalisé une prestation honorable et fait preuve d’une "grande maturité défensive". |
THIERRY HENRY, que retenez-vous de ce résultat nul et vierge face à l’Allemagne ? T. H. : Le match a été difficile. Comme vous avez sans doute pu vous en apercevoir, l'équipe d'Allemagne était venue avant tout pour bien défendre. Il ne sont pas trop sortis et attendaient que l'on perde un ballon pour nous contrer. Je pense que l'équipe de France a su faire preuve d'une grande maturité défensive. En attaque, on a beaucoup travaillé pour empêcher Michael Ballack de manier le ballon et de trouver des solutions. D'un côté, il y avait une équipe qui essayait de contrer et de l'autre une formation qui voulait construire. Avez-vous eu l'impression de pouvoir battre cette équipe d'Allemagne ? T. H. : On a eu quelques occasions de se mettre à l'abri mais on a pas réussi à les mettre au fond. D'un autre côté, les Allemands ont eu deux grosses opportunités sur des coups de pied arrêtés notamment en première période par Podolski. Ce n'était pas évident. Ils avaient bien préparé leur coup. Samedi soir, j'ai eu l'impression de me retrouver dans un match de qualification, pas dans un match amical. Cette partie avait déjà un parfum de Coupe du monde. Trois jours après le match face au Costa Rica (3-2) et le retour de Martinique, n'aviez-vous pas les jambes un peu lourdes ? T. H. : Personnellement, non. En première période, je me sentais super bien. Je suis sorti à la pause mais c'était prévu. En ce qui concerne les autres joueurs, quand on voit comment Lilian Thuram a joué, quand on voit Florent Malouda faire autant d'allers-retours, on se rend compte que ça allait physiquement. Je ne pense pas que l'équipe était fatiguée. Qu'avez-vous pensé de la défense allemande et de leurs défenseurs centraux ? T. H. : Je ne veux pas parler que des défenseurs. C'est toute l'équipe allemande qui a bien défendu. J'ai vu plusieurs fois Podolski courir derrière nos arrières lorsqu'ils montaient et les empêcher de jouer. C'est quelque chose qui aide une défense. C'est vraiment les onze joueurs qui ont bien travaillé face à nous. Un petit mot sur Nicolas Anelka. Il a marqué des points sur ces deux matches ? T. H. : Oui, je pense que c'est une belle semaine pour lui. Quelque part, je dois dire que cela me fait plaisir et que ça me tenait à cœur parce que Nico a des qualités et qu'on lui associe une image qui n'est en fait pas la sienne. Face à l'Allemagne, il a réussi une bonne rentrée en deuxième période et a bien bougé sur tout le front de l'attaque. Il est vrai que 45 minutes ne sont pas toujours suffisantes pour montrer quelque chose mais il avait déjà été bon face au Costa Rica. L'équipe de France a terminé son année. Que retenez-vous de 2005 ? T. H. : L'année n'était pas vraiment bien partie. Pour se qualifier, il fallait que l'on aille en Israël, en Irlande et en Suisse. Les gens se posaient beaucoup de questions. A juste titre. Ils se demandaient si on allait passer. On a su donner le coup de collier qu'il fallait au moment où il le fallait. On s'est qualifié. C'était le plus important. 2005 se termine par un match nul face à l'Allemagne qui, je pense, reste un bon résultat. Pensez-vous que l'on puisse faire des Bleus l'un des favoris au titre mondial ? T. H. : Favori, dans le football actuel, ça ne veut plus dire grand-chose. Cela dit, on ira en Allemagne pour aller au bout. Sinon, autant rester à la maison. |