Bernard Tapie attaque Eydelie, Wenger et "L'Equipe" en diffamation
Après les révélations sur le dopage au sein de l'Olympique de Marseille au début des années 90, les avocats de l'ancien patron du club, Bernard Tapie, ont annoncé mardi que leur client avait ou allait attaquer l'ancien joueur Jean-Jacques Eydelie, l'entraîneur Arsène Wenger et le quotidien "L'Equipe" en diffamation.
L'ancien milieu de terrain y affirme notamment que ses équipiers s'étaient dopés avant la finale 1993 de la Ligue des champions contre le Milan AC. Selon Eydelie, qui a été condamné à un an de prison avec sursis pour son rôle dans l'affaire OM-Valenciennes, seul Rudi Voeller avait refusé une "piqûre" avant le match remporté 1-0 par Marseille.
Bernard Tapie va également signifier mercredi une deuxième citation directe à l'ancien joueur de l'OM, à "L'Equipe" et son directeur de la publication pour deux papiers parus dimanche sous le titre "Eydelie relance l'affaire" et "Dopage: cortine et captagon au menu" dans lesquels le quotidien reprend les propos de la veille.
Enfin, le cabinet Lantourne qui représente les intérêts de M. Tapie a annoncé qu'une plainte avec constitution de partie civile sera déposée mercredi contre Arsène Wenger auprès du doyen des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Paris.
Bernard Tapie y visera un article intitulé "Une atmosphère de corruption" paru dans "L'Equipe" de lundi. L'ancien entraîneur de l'AS Monaco (1987-1994) et actuel entraîneur d'Arsenal se souvient dans les colonnes du journal de "l'atmosphère de corruption" qui régnait autour de l'équipe marseillaise.
"Ca ne me surprend pas", réagissait ainsi Arsène Wenger aux propos d'Eydelie, qui accuse l'OM d'avoir arrangé des matches et dopé ses joueurs. "J'affirme en tout cas que ça ressemble à cent pour cent à ce que j'ai connu", a-t-il ajouté. "Ce qui me revient, c'est l'atmosphère de corruption".
"Bernard Tapie a mis un point d'honneur à alerter l'UEFA de la polémique lancée sur des rumeurs de dopage de son équipe", notent les avocats de Bernard Tapie. "L'UEFA n'a pas manqué de lui indiquer en retour que des contrôles antidopage avaient bien été effectués à l'issue de la finale", ajoutent-ils.
"Ces contrôles ont tous été négatifs, démontrant bien en conséquence que le match s'était déroulé régulièrement", précise le communiqué ajoutant que Bernard Tapie "s'interdit tout débat médiatique" puisque la "justice est saisie" du reste des accusations.
"Bernard Tapie rappelle que la nature des actions intentées offre aux prévenus, dans les dix jours, de faire la preuve de la vérité de ce qu'ils allèguent" et s'engage "à rendre publique tous les éléments" produits par ses adversaires. "Il s'engage à fournir alors les preuves formelles et absolues contraires qui démontrent que cette opération a pour seul objectif de le discréditer", conclut le cabinet Lantourne.