Interview Pires
Robert Pires n'a plus joué en équipe de France depuis le 13 octobre 2004, lors de la victoire des Bleus à Chypre (2-0) en éliminatoire du Mondial 2006. Mis au ban par Raymond Domenech à l'égard de qui il s'était montré à l'époque particulièrement critique, le Gunner essaie depuis de retrouver sa place parmi les Bleus. Après s'être excusé, il attend maintenant un signe du sélectionneur à moins de trois mois de la Coupe du monde. Mais Pires, qui n'est plus titulaire à Arsenal, semble bel et bien résigné...
Robert, comment analysez-vous votre situation actuelle par rapport à l'équipe de France ?
La Coupe du monde, je n'y pense pas. Je verrais ça en temps voulu. Ma situation, c'est clair, est délicate parce que je ne suis pas titulaire avec Arsenal. Donc la sélection s'éloigne de plus en plus. Disons que j'ai deux mois pour changer la situation, inverser la tendance.
Le parcours d'Arsenal en Ligue des Champions peut-il vous aider à reconquérir une place en équipe de France ?
C'est sûr qu'une bonne Champions League contre la Juve, ça peut aider. Si je joue, ça peut s'ouvrir un peu plus. Mon objectif maintenant, c'est d'essayer d'ouvrir la porte !
Avez-vous des contacts réguliers avec les joueurs de l'équipe de France et pensez-vous que certains peuvent militer en votre faveur ?
Bien sûr, j'ai des relations avec les internationaux, à commencer par Thierry Henry. Mais si demain je reviens en bleu, c'est que Domenech me veut. Moi, je veux qu'on me prenne pour mes qualités, pas sous la pression d'autres joueurs.
Pensez-vous que votre mise à l'écart du groupe France soit uniquement motivée par des critères sportifs ?
J'espère que oui. Après avoir dérapé, j'ai parlé avec le sélectionneur, je me suis expliqué, j'ai fait des excuses, j'ai parlé dans la presse pour que les choses soient claires. Maintenant, à moi de retrouver ma place de titulaire en club.
Pensez-vous être barré en équipe de France par des joueurs qui évoluent au même poste que vous ?
Non je ne pense pas qu'aucun joueur ne me barre la route. Je peux jouer à droite, je peux jouer à gauche, je peux jouer comme milieu défensif. J'ai une palette assez large, je l'ai prouvé avec Arsenal. Je suis un joueur polyvalent. Si le sélectionneur fait appel à moi, il sait qu'il aura cette polyvalence.
Pourriez-vous comparer votre situation à celle d'un joueur comme Johan Micoud, dont les performances semblent être ignorées par Raymond Domenech ?
Je ne sais pas. Et je dois dire que j'en ai un peu marre de répéter toujours la même chose à ce sujet. Seul le sélectionneur peut répondre à ça. C'est lui qui décide des joueurs qu'il prend ou pas.
En 2002, vous aviez manqué la Coupe du monde en Corée sur blessure, cette année, la situation est différente. Laquelle est la plus dure à accepter ?
C'était sans aucun doute plus dur à vivre en 2002 quand j'étais blessé. Cette année, je suis en bonne santé, ma vie privée se passe très bien. En 2002, je ne pouvais pas jouer alors que j'étais sportivement dans une très bonne période. C'était beaucoup plus frustrant il y a quatre ans. 2002, ça m'a fait mal dans tous les sens du terme.
Vous dites avoir besoin de retrouver une place de titulaire à Arsenal. Quelles sont vos relations actuelles avec Arsène Wenger au moment où votre prolongation de contrant est toujours en discussion?
Je ne suis pas titulaire à Arsenal donc on peut dire que la confiance du coach est un peu partie. J'ai toujours respecté les choix de l'entraîneur. Mais si je les respecte, je ne dis pas que je les accepte...
Quelles ont vos intentions par rapport à Arsenal pour la saison prochaine ?
Mon intention, c'est vraiment de rester à Arsenal et de jouer dans le nouveau stade avec la nouvelle génération de joueurs pour qui je pourrais être, pourquoi pas, un cadre. Mais aujourd'hui, je suis dans une période de réflexion. Faut-il rester sans certitude sur mon temps de jeu futur ou partir pour jouer plus, je ne sais pas où ? C'est un choix pas facile car on sait ce qu'on quitte mais on ne sait jamais ce qu'on va avoir...
Avez-vous une idée de votre destination si vous choisissiez de quitter Arsenal ?
En tout cas, si je devais quitter Arsenal, je ne jouerais pas dans un autre club anglais. Un retour en France est parfaitement envisageable.
A 32 ans, combien de saisons vous reste-t-il à jouer ?
Je me donne encore deux saisons au plus haut niveau.