ROBERT PIRES :« Pour marquer les esprits, il faut gagner »
Robert Pires, quel est votre sentiment après cette qualification, la première d'Arsenal pour une demi-finale de C1 ?
Eh bien voilà, c'est fait ! Mercredi, cela n'a pas été un match très intéressant mais on a un peu suivi le rythme de la Juve qui ne nous a pas imposé de forcing. L'essentiel était de bien gérer la rencontre, de bien gérer notre avance de deux buts. A chaque fois, on butait au niveau des quarts de finale. Cette année, on a déjoué tous les pronostics. Voilà Arsenal en demi-finales, face à un adversaire qui sera, je pense, beaucoup plus difficile que la Juventus.
Vous pensez vraiment que ce sera plus difficile contre Villarreal ?
Pourquoi je pense et pourquoi nous pensons comme ça ? Parce que cette équipe nous ressemble. C'est à dire que défensivement, ils sont solides et ils ont des joueurs vraiment doués au milieu du terrain. Il va y avoir un peu cette impression de jouer contre soi-même. C'est pour ça que ça va être difficile.
Vous savez que la presse espagnole vous annonce à Villarreal ?
Et la presse italienne m'annonce à Rome, m'annonce à la Fiorentina. La presse écossaise m'annonce aux Glasgow Rangers... Je suis annoncé un peu partout mais je n'ai toujours pas pris de décision. Je le prends bien, cela me fait rire. Et puis ça fait plaisir aussi d'être vu par d'autres clubs.
Comment se passent les négociations pour une prolongation avec Arsenal ?
Il n'y a pas de négociations. C'est toujours le stand-by. On m'a proposé quelque chose (Ndlr : un contrat d'un an). On verra bien quel sera mon choix.
Comment expliquez-vous la différence entre l'Arsenal à la peine en championnat et l'Arsenal rayonnant en Europe ?
Le football anglais et la Coupe d'Europe sont complètement différents. En Angleterre, on nous rentre dedans, on essaie de nous faire mal, dans le bon sens du terme. Alors qu'en Coupe d'Europe, cela joue plus facile et on a des espaces. Vu la qualité de nos joueurs, cela nous convient bien.
Cette qualification, c'est aussi une petite revanche personnelle pour Arsène Wenger, non ?
Il a tenté un pari qui était difficile au début : investir dans des jeunes et les aligner d'entrée de jeu. C'est vrai que l'été dernier, la presse anglaise ne lui a pas fait de cadeaux et ne donnait pas longue vie à cette formation. Cela a péché en championnat, c'est vrai. On est cinquième à plus de 20 points de Chelsea. Mais c'est le seul point noir de la saison. Globalement, son pari est en train d'être gagné.
Pour une année de transition, ce n'est pas mal…
Ce ne sera pas mal que si on gagne la Ligue des Champions. Si on est éliminé en demi-finale, l'année prochaine, tout le monde aura oublié. Pour marquer les esprits, il faut gagner. (AFP)