ARSÉNE WENGER :« Nous sommes des outsiders dangereux »
A deux jours de la finale de la Ligue des Champions, Arsène Wenger a évoqué la saison de son équipe. L’entraîneur d’Arsenal insiste sur les qualités de ses jeunes joueurs et sur leurs chances de battre Barcelone mercredi au Stade de France.
Arsène Wenger, pourquoi avez-vous été si tôt (dès septembre) persuadé que vous seriez en finale ?
J'ai dit qu'on pouvait aller loin en C1 parce que très tôt, j'ai senti que le groupe était éliminé de la course au titre. C'est la première fois que ça nous arrive. Le groupe a reporté son attention sur la C1 très tôt. Ça se sentait dans la concentration.
Du coup, vous-vous êtes fragilisé en championnat ?
Inconsciemment, l'équipe se disait : « Bon on ne va pas gagner le titre cette année mais de toute façon, on va finir tranquillement dans les quatre premiers ». Et quand tu commences à penser comme ça, tu es en danger. Mais c'était un choix inconscient.
Avez-vous douté cette saison ?
Oui parce que je nageais à contre-courant de tout le monde. Quand tout le monde dit : « Il ne sait vraiment pas ce qu'il raconte », on est obligé de se poser la question. Sinon, on est complètement fou. Je ne pensais pas avoir tort mais j'étais obligé de me poser la question.
La jeunesse de votre équipe a été à la fois votre force et votre faiblesse...
Les jeunes ont du caractère. Ils commencent la première année en C1 et vont en finale et ils pensent que c'est le lot normal. Mais quand tu es depuis plus longtemps dans le métier, tu te rends compte que là maintenant, il ne faut pas te louper. C'est un peu plus stressant.
« Si je regarde le parcours depuis janvier, on a mûri »
Comment jugez-vous l'évolution de votre équipe ?
Si je regarde le parcours depuis janvier, elle a mûri. Elle ne bouge plus comme au mois de septembre-octobre où quand on nous rentrait dedans, on savait que ça allait finir par céder. Ça n'arrive plus aujourd'hui.
Le match au Real Madrid n'a-t-il pas constitué le déclic ?
Quand tu es jeune, tu ne sais pas tellement qu'elle est ta valeur. Alors si tu as des signes concrets qui te permettent de croire que tu es bon... C'est certainement le match qui a renforcé l'équipe dans sa foi.
Vous faites toujours entièrement confiance à vos joueurs ?
Une fois qu'on a pris une décision, on ne peut plus montrer de doutes. Ce n'est pas seulement que je ne le montre pas, je ne l'ai pas. J'ai toujours pensé que ce métier d'entraîneur était plus un métier de confiance dans les autres qu'un métier de compétence technique.
Mais si un joueur n'a pas répondu à vos attentes...
Il n'a pas répondu parce que tu t'es trompé. L'entraîneur essaie de mettre son équipe dans les meilleures dispositions possibles pour se préparer, s'exprimer, mais laisse une marge de manoeuvre et de liberté à l'expression du joueur.
« Il ne faut pas avoir peur de faire deux fois les mêmes erreurs »
Que vous a apporté votre passage au 4-5-1 en C1 ?
Ça a été une des clés de la sécurité défensive qu'on a eue en Coupe d'Europe. (Par le passé) Ça n'avait jamais marché. Il ne faut pas avoir peur de faire deux fois les mêmes erreurs.
Quelle influence a la certitude, avec la quatrième place en championnat, d'être en C1 l'an prochain ?
Ça nous enlève la pression négative. Celle qui te dis : « Si tu ne passes pas, l'an prochain tu n'es pas en C1 ». Connaissant ce groupe et combien il y tient, ça nous enlève quelque chose.
Comment envisagez-vous cette finale ?
Le problème quand tu joues un match comme ça, c'est de le « surtravailler ». Il faut rester le plus simple possible. Ils sont des favoris nets mais nous sommes des outsiders dangereux. Sur une finale, tu sais que tu as toujours à un moment donné une chance.
Quel danger représente le Barça ?
Ils font circuler le ballon très vite et à la récupération, ils sont très vite aussi. C'est à dire que leur premier pressing s'effectue très bien et très vite. Si on arrive à sortir de ce pressing, on a une bonne chance. (sport365)