Pourquoi Henry a décidé de rester
Thierry Henry, meilleur buteur de l’histoire du Arsenal Football Club a décidé cette semaine de terminer sa carrière à Londres. Le joueur de bientôt 29 ans aura 34 ans à la fin de son contrat londonien. Officiellement approché par le FC Barcelone, club qui régale l’Europe depuis deux saisons et par le Real Madrid, plus grand club de l’histoire du football (9 Champions Leagues) pourquoi Titi a t-il décidé de rester au sein d’un club qui n’a jamais remporté le titre suprême ? En voici les principales raisons :
L’Angleterre, l’autre pays du football...
Avez-vous déjà eu l’opportunité d’assister à un match en Angleterre ? De la plus petite des divisions, à l’élite de la Premier League, le public joue un rôle majeur. Le mot supporter, vient de l’anglais to support, c’est à dire encourager et soutenir. De père en fils, de générations en générations, on « est » Arsenal, on « est » Chelsea (I am Arsenal, I am Chelsea). Cette manière de parler en dit long sur l’attachement et la fidélité que vouent ceux que l’on appelle les « fans » outre-Manche. Nick Hornby l’explique d’ailleurs très bien dans son ouvrage Carton Jaune.
Adulé dans tout le Royaume-uni, Henry n’est pas que l’idole des fans des Gunners. Avaient-vous déjà entendu des applaudissement en France, lorsque le meilleur joueur du championnat va tirer un corner sur terrain adverse ? Personnellement, cela ne m’ait arrivé qu’une fois, on appelait cela l’effet Coupe du Monde (1998). Par contre, c’est le cas pour Thierry toutes les deux semaines, lorsque les canonniers jouent « away » (à l’extérieur). Aurais-ce été le cas à Barcelone ou Madrid ? Permettez-moi d’en douter.
Fidelity
Le numéro 14 a juré fidélité aux fans d’Higbury, et fera de même au sein du nouveau stade d’Ashburton Grove, à une centaine de mètres de la bouche de métro Arsenal. « I can’t let the fans down », tel a été le discours lors de la re-signature du prodige (je ne peux pas laisser tomber les supporters). Pascal Cygan déclarait il y a peu à la presse française, que lorsque il était joueur lillois, il lui était arrivé de voir des pseudo-fans retourner leur veste et partir supporter Lens après de mauvais résultats du LOSC...Chose inimaginable en Premier League.
Devoir de mémoire
Faisons un très rapide flash-back : qui était Thierry Henry avant son arrivée à Arsenal ? Le milieu de terrain gauche sortait d’une saison ratée à Monaco pour cause de blessure récurrente, d’un intermède formidable en Coupe du Monde, puis d’un échec cuisant à la Juventus Turin. Il n’était pas encore l’avant-centre, replacé par Arsène Wenger à la pointe d’une attaque prolifique. Henry n’a pas oublié que si quelqu’un mérite le respect dans le football, moderne, c’est bien Arsène Wenger, homme de parole dans un monde d’opportunisme.
Derrière chaque grand homme...
...Il y a une grande femme. Chers lecteurs, on oublie trop facilement qu’un footballeur de génie, c’est avant tout un homme. Un homme avec ses faiblesses, ses craintes, et sa moitié. En effet, comme l’a précisé Henry lors de sa dernière conférence de presse, son épouse est anglaise, il l’a d’ailleurs rencontré à Londres après avoir signé à Arsenal. Construire une carrière, comme il est en train de le faire, c’est comme construire une belle histoire d’amour. Il faut écouter l’autre, parfois faire des concessions, afin de rester en harmonie. Thierry Henry a certainement écouté le désir de Nicole Merry...
Fidélité, amour, respect, mais certainement pas manque d’ambition, comme certains ont pu le dire. Il est facile lorsque l’on est un grand joueur, de signer dans la plus grande équipe, afin d’être un champion parmi les champions. Mais construire, et grandir au sein d’un projet, c’est un vrai défi, le défi de Thierry Henry. ( par Laurent Picard )