THIERRY HENRY :« Franchement, c’est extraordinaire »

Publié le par Kayla

Thierry Henry est heureux : la vie de groupe est « extraordinaire » et il n’y a aucun blessé. Bref tout ou presque est réuni pour oublier 2002 et 2004. L’attaquant d’Arsenal en est persuadé.


Propos recueillis par Olivier DE LOS BUEIS à Clairefontaine

Thierry Henry, vous n’avez pas apprécié les sifflets du Stade de France, vous devez donc être content d’aller jouer à Lens et Saint-Etienne ?
On essaie toujours de donner le maximum. Vous croyez qu’on aime perdre ou mal jouer ? A Saint-Etienne et à Lens, on a toujours eu un bon accueil. Mais je ne veux pas oublier ce qu’on a aussi réussi au Stade de France où nous avons vécu des moments extraordinaires.


Le public siffle peut-être parce que l’équipe de France peut paraître éloignée de son public…
C’est vraiment dommage que cette image soit véhiculée (voir par ailleurs).


Comment se déroule la vie de groupe ?
Franchement, c’est extraordinaire. J’ai vraiment l’impression que cela fait longtemps que nous sommes ensemble. Pour certains, ça ne fait pas longtemps pourtant. Je ne connaissais pas trop Pascal Chimbonda : il est toujours en train de rigoler. Avec Ribéry c’est pareil.  On a bien vécu ensemble. Avec les enfants aussi, cela s’est super bien passé. Quand on est parti faire Les Bronzés dans le refuge, c’était extraordinaire. C’était bien. Au début, on ne sait pas trop où on allait mais c’était bien.


Les nouveaux disent que vous contribuez à les rendre heureux…
Souvent j’ai une image… Du fait que je ne souris jamais en marquant des buts. Mais je suis loin de ça en dehors du terrain. J’essaie toujours de rigoler, de mettre les gars à l’aise. Bon, je suis aussi sérieux, mais dans la « connerie », je suis sérieux. Il y a les matchs où je suis fermé et déterminé. Après je suis capable de rigoler et de chambrer. C’est le plus important dans un groupe.


L’état d’esprit se rapproche-t-il de celui de 1998 et de 2000 ?
Franchement, l’ambiance et l’état d’esprit ont toujours été là. Après, des fois on a pris des roustes, des fois on a gagné.  Mais c’est vrai que là, il y a une bonne communion entre les anciens et les jeunes ce qui peut paraître pas évident. Il y a des différences d’âge, mais à la fin des repas, on prend un café ensemble, on rigole ensemble, il y a une vraie vie.


Vous semblez optimiste pour les semaines à venir ?
Oui. Si on ne l’est pas, ce n’est pas la peine d’y aller. On a connu de grosses désillusion, mais on a aussi connu la victoire pour certains. Ce qui est bien dans cette préparation, c’est que les joueurs qui sont là n’ont pas de problèmes physiques.


Ce qui n’était pas le cas en 2002 ?
En 2002, j’ai commencé à m’entraîner après deux semaines et demi. Je n’ai jamais pu arriver à mon niveau et ça s’est vu. Sur le plan mental, je me suis battu avec mon genou. Je n’étais pas très bien non plus sur ce plan-là. Zizou, lui, avait sa cuisse. Cette saison, les éliminations précoces des équipes où les Français jouaient la Ligue des Champions va aider. J’espère que tout le monde va être bien physiquement, car si tu n’as pas les jambes, ça devient beaucoup plus difficile.


Comment vous sentez-vous physiquement vous qui êtes allé jusqu’en finale de la C1 ?
Bien. J’ai raté le début de saisons en championnat et en Ligue des Champions. Ca m’a permis de me reposer et de traiter une blessure aux adducteurs que je traînais depuis deux ans. Après ça, j’ai pratiquement tout joué. Mais je  n’ai pas commencé la saison : j’espère bénéficier de cela. J’ai bien terminé en fin d’exercice, j’espère que ça va continuer.


Peut-on vous demander votre avis sur le système de jeu utilisé avec deux pointes ?
C’est difficile de juger sur le match de samedi. On est en phase de préparation. C’est un peu tôt pour juger. Je note que dans la difficulté nous avons su tenir le résultat. On avait déjà joué dans ce système à l’Euro 2000 avec Nico (Anelka) et moi devant Zizou, sauf lors des matchs contre l’Espagne et l’Italie. On a démontré que l’on pouvait jouer comme ça aussi.


Globalement, le match a été décevant non ?
Le Mexique ce n’était pas évident car nous sommes en plein travail. Vendredi on a beaucoup travaillé. On va le refaire aujourd’hui. Le Mexique jouait replié avec un pressing et des contres. Sur le plan physique nous ne sommes pas encore à 100%. C’est normal, on est en phase de préparation. Le positif, c’est qu’on n’a pas cédé. Je suis bien placé pour le savoir : en finale de la Ligue des Champions, nous étions morts et on n’a pas tenu. Quand tu vois un match comme ça où tu n’en peux plus mais que tu t’en sors, c’est pas mal. A la Coupe du Monde, il y aura des matchs où il faudra puiser dans les réserves.

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Publié dans Interviews

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