Ligue des champions - Arsenal s'évite un mal de tête
Arsenal, loin d'être convaincant, s'est évité une nouvelle crise européenne en écartant à la dernière seconde le club suisse de Thoune (2-1), dont c'était la première apparition en C1, lors de la 1re journée de la phase de poule de la Ligue des champions de football, mercredi à Londres.
Au sortir de cette rencontre du groupe B, Arsène Wenger, le manageur londonien, s'est appliqué à dégager devant la presse une assurance sereine. "Je sentais que l'équipe avait besoin d'une victoire, mais je n'aurais pas paniqué si on en était resté à 1-1", jurait-il.
Le Français a pourtant dû être bien soulagé lorsque Dennis Bergkamp, l'ancien combattant - il est au club depuis 1995 - entré en jeu quelques minutes plus tôt s'est extrait courageusement de la virile défense suisse pour inscrire le but qui place Arsenal en tête de son groupe.
Les relations entre les "Gunners" et l'Europe sont diablement complexes. Depuis l'arrivée de Wenger en 1996, ils se sont qualifiés sept fois pour la Ligue des champions, mais n'ont jamais dépassé les quarts de finale. Ils ont surtout pris la désagréable habitude de sortir dans la souffrance de la phase de poules.
En 2004, un succès sur Rosenborg (5-1) les avait sauvés lors de l'ultime journée, exactement comme un an plus tôt face au Lokomotiv Moscou (2-0). Dès lors un nul contre Thoune, qui était encore en 3e division il y a neuf ans et n'a accédé à l'élite suisse qu'en 2002, n'aurait pas manqué d'attirer les moqueries sur Arsenal.
Après les deux revers subis en seulement cinq journées de Championnat, une telle issue aurait aussi attisé les doutes. Ce que reconnaissait implicitement Wenger. "Le résultat est très important pour l'équipe, convenait-il. Nous avons eu deux déceptions récemment et ça peut rapidement rendre une équipe moins confiante".
Certes l'exclusion sévère de Robin van Persie, juste avant la pause, a nettement compliqué la tâche des Anglais. Elle a aussi d'autant plus fait regretter l'absence de Thierry Henry, indisponible pour une pubalgie aiguë.
Les "Gunners" ont produit le jeu recherché que leur enseigne Wenger. Mais ils ont parfois semblé compliquer exagérément l'élaboration de leurs attaques, quand davantage de rythme et de percussion auraient sans doute plus gêné des Suisses venus essentiellement pour défendre.
Auteur d'une rentrée prometteuse, même s'il ne fut pas vraiment mis à contribution, Sol Campbell, qui n'avait plus joué depuis mai, n'a cependant pu empêcher quelques approximations défensives, qui pourraient un jour coûter plus cher.
"Peut-être pouvons-nous nous améliorer et progresser dans le jeu de passes, mais l'esprit était bon jusqu'à la dernière seconde", a cependant apprécié Wenger, sans doute convaincu que Thoune, qui a tout de même sorti le Dynamo Kiev et Malmö aux tours préliminaires, peut en ennuyer d'autres.