Equipe de France - Match amical, France - Allemagne : 0-0 - les Efforts sans le Score
Domenech reste invaincu en Bleu
Le match nul est logique, la viriginité du score pas beaucoup moins, et la situation arrange finalement deux sélections qui espèrent offrir davantage dans sept mois au moment de la Coupe du monde. Le 0-0 entre la France et l'Allemagne va leur permettre de passer l'hiver tranquillement. Les deux sélectionneurs aussi. Raymond Domenech n'a perdu aucun de ses dix-sept matches à la tête des Bleus et a retrouvé la fierté de diriger une équipe inviolée (cinq fois sur sept cette saison). Jürgen Klinsmann opposera à la presse populaire de son pays les deux arrêts décisifs de Coupet, de loin les plus chauds du match, et la copie propre rendue par sa jeune défense Mertesacker - Huth face à Henry, Trezeguet, Anelka puis Cissé. C'est le cinquième 0-0 de l'équipe de France au Stade de France depuis l'Euro mais celui-ci ne s'inscrit pas dans la même logique que ses prédécesseurs. Le dernier, contre la Pologne il y a un an, était celui d'une équipe désorientée par ses devoirs - aller à la Coupe du monde sans ses cadres - et son manque de repères collectifs. Celui de samedi soir est l'oeuvre d'une équipe qui n'avait pas assez d'essence pour diriger le jeu avec constance, bien assise sur ses piliers défensifs Thuram et Makelele. L'absence de Zidane n'explique pas tout le déchet offensif de l'équipe, puisque les occasions étaient présentes, mais le constat est là : les Bleus ont gagné leur seul match à Saint-Denis avec le prince de Madrid, contre Chypre (4-0). La première période avait laissé une impression mitigée. Il fallait voir les deux gardiens s'échauffer dans leur coin pour comprendre que les deux équipes avaient un mal fou à mener à bien leurs préparations, malgré une sincère volonté de jouer. Côté français, le non-début de match du Costa Rica (3-2) n'était plus qu'un obscur souvenir. Mais le 4-4-2 expérimental de Raymond Domenech, avec Sagnol milieu droit et Dhorasoo en électron libre, ne permit que trop rarement la gestation de séquences abouties. A l'exception de deux débuts d'entente Henry-Trezeguet (3e, 4e), et un beau contrôle orienté du premier à la réception d'un coup franc de Thuram suivi d'une frappe à côté (19e), pas un début d'occasion. Cependant, les sensations d'une équipe ne s'apprécient pas forcément au nombre de tirs vers le but. Aussi, deux séquences entre Henry, Gallas, Dhorasoo et Malouda à gauche (20e), puis une autre entre Dhorasoo, Sagnol et Réveillère à droite (29e), montraient que les Français, délestés de la pression du court terme, étaient aussi capables de se prendre en main sans Zidane, de jouer sans cogiter trente secondes à cause de cette peur de mal faire qui avait pollué l'essentiel de leur campagne de qualification. A leur décharge, le jeu dur allemand n'a pas contribué à fluidifier les débats. Malouda et Dhorasoo se demandent encore ce qu'ils ont fait pour mériter ça.
Quatre attaquants, zéro but
Plutôt joueuse, l'équipe de France a surtout souffert du manque d'automatismes aveuglant en milieu de terrain. Il eut pour conséquence de brider Réveillère, de déséquilibrer le jeu vers la gauche, et de ne pas offrir à Dhorasoo le poids espéré. L'équipe était souvent coupée en deux, obligeant souvent les défenseurs à se prendre pour Platini et chercher la transversale ultime. Les Allemands eurent de ce point de vue le mérite de faire les choses plus simplement et rapidement. Ils portaient le danger grâce à Ballack, Deisler ou Podolski, même si Coupet n'eut à se coucher qu'à la 37e minute, sur un centre à sa portée. A la 53e, le Stade de France scanda son nom suite à un arrêt décisif devant Schweinsteiger, heureux destinataire d'une passe lumineuse de Ballack, puis sur une nouvelle frappe du premier dix minutes plus tard. Ils n'étaient alors que quatre Français à avoir dans les jambes le match de la Martinique plus la première période, mais c'est comme si leur lassitude avait gagné toute l'équipe. Les Bleus possédaient moins le ballon et défendaient plus bas, avec assez de lucidité pour quadriller efficacement le terrain et ne pas s'exposer autrement que sur coups de pied arrêtés. La puissance d'Anelka, entré à la mi-temps, ne débouchait que sur une déviation mal exploitée par Trezeguet (52e), une séquence perso qui a agacé le Turinois autant que Gallas, monté jusqu'à la surface (58e) et un centre sans destinataire (77e). Le renouvellement total du trio offensif à l'heure de jeu (Rothen - Cissé - Anelka) n'eut pas d'impact réel, la conservation du ballon étant devenu le problème numéro un des Bleus. L'entrée de Diarra à la place de Dhorasoo (76e) ajouta un peu de saignant, directement à l'origine d'une occasion mal cadrée par Cissé (82e) et d'une fin de match plus enlevée, avec Cissé dans un rôle d'ailier droit qui ne lui va pas si mal. Il y avait mieux à espérer mais sans doute pas davantage à offrir. Le public francilien ne l'a pas admis, gratifiant de sifflets l'effort des deux équipes. Raymond Domenech a vu que Thuram était un vrai patron de défense, que Gallas faisait le métier sans état d'âmes apparent, que Makelele connaissait son métier, que Coupet tenait le bon bout. Il le savait déjà. Les données sont moins claires devant. Pour la première fois cette saison, l'équipe de France n'a pas marqué. Ce n'était pas la conclusion rêvée au vu des ressources disponibles. Il restera France - Slovaquie, le 1er mars, pour faire le tri avant la dernière ligne droite. Ça passera très vite.