Fin d'invincibilité pour la France de Raymond Domenech
La France a perdu mercredi son seul match amical de l'année 2006 avant la phase finale de préparation à la Coupe du monde, en s'inclinant 2-1 face à la Slovaquie au Stade de France.
Pour ce dernier match avant l'annonce, le 15 mai, de la liste des 23 joueurs appelés à disputer la Coupe du monde, les Bleus ont souffert face à une équipe regroupée en défense et procédant en contres.
Malgré un pénalty de Sylvain Wiltord, Szilard Nemeth, peu après l'heure de jeu, et Jozef Valachovic, à dix minutes de la fin du match, ont mis fin à l'invincibilité de Raymond Domenech à la tête de l'équipe de France.
Les Français, qui se sont qualifiés dans la douleur pour le Mondial allemand, ont perdu après 17 matches sans défaite sous l'ère Domenech.
La France s'est présentée sur la pelouse du stade de France dans un onze de départ sans le moindre Lyonnais, Eric Abidal, notamment, ayant pris place sur le banc après la polémique qui a opposé les dirigeants de l'OL au sélectionneur français au sujet de sa présence parmi les Bleus.
Dans un stade de France loin d'être plein où les noms de Vikash Dhorasoo, de Nicolas Anelka et de Domenech ont été sifflés lors de l'annonce de la composition des équipes, les Slovaques se montraient immédiatement dangereux sur deux coups de pied arrêtés.
Après cette première alerte, les Bleus s'installaient dans le camp de la Slovaquie, apparemment décidée à subir pour placer des contres. Décalé par Zidane, Silvestre débordait sur la gauche et centrait pour Trezeguet qui, à quelques mètres du but, plaçait une reprise à côté des montants de Lubos Hajduch.
Deux minutes plus tard, les Français développaient une action jumelle sur la droite. Zidane décalait Sagnol, qui centrait pour Trezeguet, dont la reprise passait cette fois au-dessus du but slovaque.
C'était ensuite au tour d'Anelka de tenter sa chance. Sur un contre emmené par Zidane, il repiquait au centre mais sa frappe puissante était repoussée par Hajduch.
Pendant ce temps, le public semblait prendre position dans le débat en cours sur le choix du gardien titulaire pour le prochain Mondial en sifflant Barthez à chacune de ses touches de balle.
Le gardien des Bleus renversait la tendance juste avant la 25e minute en claquant au-dessus de son but une frappe lointaine et plongeante, qui offrait à ses partisans l'occasion d'élever la voix. Chacun de ses ballons se transformait ensuite en concours d'applaudimètre ou de sifflets.
Juste auparavant, un échange Trezeguet-Anelka s'était soldé par une frappe du Turinois dans le petit filet extérieur du but slovaque.
Face à une équipe regroupée, les Français peinaient tout de même à se créer des occasions, Zidane délaissant souvent l'axe du terrain pour se positionner à gauche de ses deux attaquants.
Seule, à la 31e minute, une percée de Dhorasoo permettait à Trezeguet d'enchaîner un contrôle de la poitrine et une frappe de volée à l'entrée de la surface, sans surprendre le gardien slovaque.
Lorsque l'arbitre écossais sifflait la mi-temps sur le score de 0-0, des sifflets s'élevaient encore des gradins du stade de France pour raccompagner les joueurs aux vestiaires.
A la pause, Domenech procédait à trois changements. Zidane, Trezeguet et Anelka laissaient leurs places à Thierry Henry, Florent Malouda et Sylvain Wiltord.
La France délaissait ainsi son milieu à quatre pour évoluer avec deux ailiers, Henry occupant seul la pointe de l'attaque.
Grégory Coupet, en revanche, restait sur le banc des remplaçants.
Ce changement de tactique ne changeait guère la physionomie du match.
A la 53e, Henry filait seul au but dans le dos de la défense, mais butait en bout de course sur le gardien slovaque. Deux minutes plus tard, Malouda expédiait au-dessus de la transversale un coup-franc de Silvestre difficilement repoussé par Hajduch.
A l'heure de jeu, Henry bénéficiait d'une seconde chance, mais échouait encore face au gardien.
A peine entré, Szilard Nemeth marquait en revanche sur sa première frappe, qui lobait Barthez et donnait l'avantage à la Slovaquie.
La rentrée d'Abidal, au coeur de la polémique dans les jours précédant le match, passait du coup presque inaperçue.
Les Français tentaient de réagir mais, après une percée de Wiltord dans l'axe, le Lyonnais s'écroulait dans la surface sans pour autant obtenir de pénalty.
Les tentatives de Malouda, de Wiltord et d'Henry échouaient ensuite toutes sur le gardien slovaque, jusqu'à ce que Malouda s'écroule à son tour dans la surface et que Wiltord égalise sur pénalty à un quart d'heure de la fin du match.
Peine perdue, Jozef Valachovic, après un nouveau contre, redonnait un avantage définitif à la Slovaquie grâce à un coup-franc venu se loger dans la lucarne droite de Barthez.