Les sifflets du public étonnent et agacent les joueurs

Publié le par Kayla

Le phénomène n'est pas nouveau mais les sifflets qui ont accompagné la courte victoire (1-0) de l'équipe de France face au Mexique samedi ont provoqué l'incompréhension voire l'agacement des joueurs.

A plusieurs reprises, le public du Stade de France a sifflé certains des Bleus, notamment le milieu de terrain Vikash Dhorasoo, entré à la place de Zinedine Zidane en début de seconde mi-temps.

Le gardien de but Fabien Barthez a lui aussi eu droit à la mauvaise humeur des spectateurs tandis que Raymond Domenech s'est à nouveau fait huer lors de la présentation des équipes.

Ce n'est pas la première fois que les joueurs français sont l'objet du mécontentement de leurs fans. L'ancien international Christian Karembeu en avait fait les frais en 1998 alors que la France réussissait un parcours sans faute.

"Je dois admettre que j'en ai marre", commente le défenseur Willy Sagnol. "Car cela fait un moment que cela dure. Quand on siffle le gardien ou un autre joueur, il faut comprendre que c'est toute l'équipe que l'on met en difficulté."

"On en est à se demander si les supporters parisiens ont vraiment envie que l'on gagne des matches ?" s'interroge Thierry Henry.

Ce phénomène qui existe en fait depuis l'inauguration du stade, en janvier 1998, ne s'est jamais démenti au fil des ans et ce quels que soient les résultats obtenus.

Cela est d'autant plus déroutant pour les joueurs que les sifflets ne se retrouvent pas lorsqu'ils évoluent en province, notamment à Lens, à Marseille ou à Saint-Etienne.

"En province, les gens qui viennent sont des supporteurs de club. Et ils n'hésitent pas à soutenir l'équipe de France. A Paris, on a l'impression que les gens viennent avant tout pour voir un spectacle et non pas un match", analyse Sagnol.

La génération de 1998 avait à plusieurs reprises stigmatisé les "costards-cravate", peu enclin à exprimer leur soutien à l'équipe qu'ils étaient venus voir jouer.

"En Angleterre, ce phénomène n'existe pas", précise Thierry Henry. "Même lorsque nous avons perdu à Highbury (avec Arsenal), les gens ont continué à nous applaudir. Hier, quand Fabien (Barthez) a pris un carton jaune, on avait le sentiment que le public était content."

Depuis la présentation de sa liste des 23 à la mi-mai, Domenech a répété qu'il souhaitait que tous les amateurs de football expriment leur soutien aux Bleus, espérant qu'ils puissent réussir un bon parcours en Allemagne.

Son appel n'a guère été entendu.

Seul Zidane, qui fêtait samedi sa 100e sélection, et Henry qui conserve le statut de héros, semblent être épargnés de manière systématique par la vindicte.

"Je ne comprends pas bien et je ne parviens pas à m'y habituer", dit l'attaquant.

"La Fédération a reçu un message clair. Les sifflets d'hier soir sont la goutte d'eau qui fait déborder le vase", renchérit Sagnol. "C'est tout le public parisien qui risque d'être privé de l'équipe de France. Si j'avais le choix, je jouerais tous les matches à Saint-Etienne. Là-bas, on est sûr qu'on sera encouragé."

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