L'Espagne veut "mettre Zidane à la retraite"
La presse espagnole espère samedi que la jeunesse et l'envie de la Seleccion suffiront à terrasser la "vieille" France et à envoyer le meneur de jeu des Bleus et du Real Madrid Zinedine Zidane à la retraite, lors des 8e de finale du Mondial-2006 de football mardi à Hanovre.
"Nous allons mettre Zidane à la retraite", proclame en Une le quotidien sportif Marca, ajoutant en pages intérieures à propos du coq gaulois, emblème de l'équipe de France: "Nous allons le déplumer".
"La rivalité entre les deux nations fait que, pour les deux pays, cette rencontre transcende l'aspect sportif", écrit Marca, et va au delà du "respect mutuel" entre deux équipes qui ne voulaient pas se rencontrer.
Marca estime que la France va tenter de "gagner la guerre psychologique" avant même le "choc des générations" de mardi. Il cite le sélectionneur français Raymond Domenech qui a évoqué "une petite histoire personnelle avec la France" (Luis Aragones, le sélectionneur espagnol, avait voulu motiver José Antonio Reyes avec des insultes racistes envers Thierry Henry, son coéquipier à Arsenal).
Après le jeu plus convaincant des "Bleus", vendredi face au Togo (2-0), et la performance en demi-teinte des remplaçants espagnols contre l'Arabie saoudite (1-0), l'autre grand journal sportif espagnol, AS, met en garde contre toute euphorie déplacée, même s'il croit en la victoire.
"Je vois la France comme le Real Madrid des sélections: une équipe dotée de plusieurs joueurs glorieux il y a cinq ans, mais plus autant aujourd'hui", écrit son éditorialiste. "L'Espagne va rejouer avec ses titulaires, et battre la France. Et battre la France, 'caray' (+Bon sang!+), cela a plus d'allure que battre la Suisse ou la Corée du Sud", ajoute-t-il.
Sous le titre "l'adversaire non-désiré", le quotidien généraliste El Mundo rappelle qu'Aragones préférait tout adversaire à la France en raison de ses individualités.
Résumé de l'enjeu vu de Madrid: "La menaçante France d'Henry ou la décadente France de Zidane? Laquelle rencontrera l'Espagne mardi à Hanovre? C'est le doute qui, à partir de maintenant, va gagner la Seleccion".