Le triomphe des Bleus
12 juillet 2005
par FIFAworldcup.com

Sept ans après la victoire des Bleus sur le Brésil en finale de la Coupe du Monde de la FIFA 1998, FIFAworldcup.com vous propose de revenir sur le triomphe de l'équipe de France.
Le 12 juillet occupe une place bien particulière dans le cœur de tous les supporters de l'équipe de France. Deux jours avant de célébrer la fête nationale, les Bleus ont écrit l'une des plus belles pages de leur histoire en remportant pour la première fois la Coupe du Monde de la FIFA.
Le hasard a voulu que les Français attendent un soir d'été 1998 à Saint-Denis pour mettre enfin la main sur le trophée imaginé par leur compatriote, Jules Rimet. Avec cette victoire prenait fin une interminable attente de plus de 68 ans. Et, à en juger par les centaines de milliers de personnes réunies sur les Champs Elysées cette nuit-là, certains ont dû trouver le temps long.
Car, en dépit de la prestigieuse réputation du football français, les locaux n'ont plus participé à la Coupe du Monde de la FIFA depuis 12 ans lorsque le tournoi débute. Après avoir échoué à deux reprises en demi-finale face à la R.F.A., en 1982 et 1986, la France a eu toutes les peines du monde à trouver des successeurs à Michel Platini et ses camarades. Commence alors une longue période de transition au cours de laquelle la France échoue aux portes de la qualification pour Italie 90 et Etats-Unis 94.
A deux ans du grand rendez-vous avec le public français, Aimé Jacquet atteint les demi-finales du Championnat d'Europe des Nations en Angleterre. L'ancien entraîneur bordelais, qui a succédé à Gérard Houllier fin 1993, débute son règne par une série de 30 matches sans défaite qui prend fin avec l'élimination de la France aux tirs au but par la République Tchèque. Malgré ce bilan plutôt flatteur, le manque d'efficacité offensive des Français, incapables d'inscrire le moindre but en quarts ou en demi-finale, reste à l'époque l'une des grandes faiblesses de l'équipe formée par Jacquet.
Une faiblesse que la Coupe du Monde de la FIFA va se charger de mettre en lumière. Stéphane Guivarc'h, qui vient de décrocher le titre de meilleur réalisateur du championnat en inscrivant 21 buts pour le compte de l'AJ Auxerre, fait figure de titulaire indiscutable. Pourtant, l'avant-centre bourguignon, titularisé à quatre reprises, n'inscrira pas le moindre but en Coupe du Monde de la FIFA. Pire encore, il n'a jamais disputé l'intégralité d'une rencontre. Quant aux jeunes Thierry Henry et David Trézéguet, ils sont encore cantonnés à des seconds rôles.
Heureusement pour elle, la France compte d'autres atouts. En défense, Marcel Desailly et Laurent Blanc forment un véritable mur, parfaitement encadré par les latéraux Lilian Thuram et Bixente Lizarazu. Au milieu du terrain, l'équipe sait pouvoir s'en remettre au génie créatif de Zinédine Zidane. Le meneur de jeu turinois bénéficie également de la protection rapprochée de Didier Deschamps et Emmanuel Petit, alors au sommet de son art.
C'est Christophe Dugarry, le vieil ami de Zidane, qui est le premier à trouver le chemin des filets à l'occasion de la rencontre entre la France et l'Afrique du Sud à Marseille. Cette première sortie se solde par une nette victoire des Bleus, qui marquent deux nouveaux buts en fin de rencontre par l'intermédiaire de Pierre Issa, contre son camp, et de Thierry Henry.
Le jeune ailier de Monaco inscrit un doublé à l'occasion du deuxième match de la France, un net succès 4-0 sur l'Arabie Saoudite au Stade de France. David Trézéguet et Bixente Lizarazu figurent également parmi les buteurs du jour, mais la fête est gâchée par l'expulsion de Zidane à la 71ème minute. Le maître à jouer français écope d'une suspension de deux matches pour s'être essuyé les crampons sur un adversaire. Dès lors, une question est sur toutes les lèvres : la France pourra-t-elle s'en sortir sans lui ?
Dans un premier temps, la réponse semble être positive. Youri Djorkaeff et Emmanuel Petit se font buteurs et permettent ainsi à la France de terminer le premier tour sur une nouvelle victoire, 2-1 contre le Danemark à Lyon. Mais l'absence de Zidane va se faire cruellement sentir quelques jours plus tard, à l'occasion du huitième de finale contre le Paraguay à Lens. L'attaque française, sans imagination, bute régulièrement sur Jose Chilavert, le formidable portier paraguayen, de plus en plus imposant dans ses cages au fil de la rencontre. Incapables de se départager, les deux équipes engagent alors la prolongation. Mais, alors que les tirs au but semblent inévitables, Laurent Blanc se décide à monter aux avant-postes et, à la 113ème minute, il inscrit le but en or qui propulse la France en quarts.
Au tour suivant, c'est l'Italie qui attend la France à Saint-Denis. Une fois de plus, la rencontre est extrêmement serrée et aucune des deux équipes ne parvient à faire la différence. Il faut donc avoir recours à la séance de tirs au but, où la France se montre la plus habile. Les locaux l'emportent 4-3, au grand dam des Italiens, qui voient leurs rêves de victoire s'envoler après leur troisième défaite consécutive aux tirs au but en Coupe du Monde de la FIFA.
Cahin-caha, la France poursuit son parcours, mais rien ne lui sera épargné. En demi-finale, les hommes d'Aimé Jacquet trouvent sur leur chemin une équipe de Croatie qui a fait forte impression tout au long du tournoi. Cette fois encore, les deux équipes semblent devoir se neutraliser mais, à la 46ème minute, Davor Suker, le buteur croate, trouve enfin la faille dans la défense française et ouvre le score. Les joueurs de Miroslav Blazevic n'ont pourtant pas le temps de goûter leur joie puisque, 60 secondes plus tard, la France revient à égalité grâce à un improbable justicier, Lilian Thuram. Le match change alors complètement de physionomie et Thuram, qui n'avait jusque-là jamais inscrit le moindre but en équipe nationale, se paye le luxe de réussir le doublé à la 69ème minute. Laurent Blanc est expulsé dans les dernières minutes de la partie, mais les Français tiennent leur victoire. Pour la première fois de leur histoire, ils accèdent à la finale de la Coupe du Monde de la FIFA.
Si la suspension du libéro de l'équipe de France a fait couler beaucoup d'encre avant le grand rendez-vous, les conversations, depuis ce fameux soir du 12 juillet 1998, se sont concentrées sur l'un des acteurs malheureux de la rencontre, Ronaldo. Hospitalisé quelques heures avant le début de la rencontre, le buteur brésilien aurait été victime d'un malaise. Initialement remplacé par Edmundo, Ronaldo tient finalement sa place, mais à quel prix : l'attaquant de l'Inter ne sera que l'ombre de lui-même.
Les malheurs du Brésil font le bonheur de la France. En finale, Jacquet opte pour une formation encore plus défensive qu'à l'ordinaire. Guivarc'h est seul en pointe et Christian Karembeu est aligné d'entrée aux côtés de Deschamps et de Petit. Pourtant, à la pause, c'est bien la France qui mène 2-0, grâce à deux buts de la tête du 'Zizou' national, sur corner. Marcel Desailly est expulsé en seconde période, mais le Brésil n'est plus en état d'en profiter. Les Français ajoutent même un troisième but en fin de match lorsque Patrick Vieira, entré en cours de jeu, lance son collègue Petit, qui part dans le dos de la défense brésilienne et scelle la victoire de la France. Au coup de sifflet final, tout le pays peut enfin laisser éclater sa joie. La fête peut alors commencer aux quatre coins de l'Hexagone.