Domenech pense à la suisse
DUBLIN (Reuters) - En arrachant une victoire historique (1-0) à Dublin, les Français ont accompli un grand pas vers la qualification pour le Mondial 2006 et ont ranimé la flamme bleue qui vacillait dans cette équipe.
"J'espère que ce soir un groupe est né," a commenté Thierry Henry, buteur et héros d'une rencontre de feu. "C'est le match de référence qu'il nous fallait.
"Samedi, j'étais en jambes et je n'ai pas mis le ballon au fond. Aujourd'hui, c'est l'inverse."
Ravi par cet exploit, le capitaine des Bleus, Zinedine Zidane a salué la performance de tous ses coéquipiers qui ont su montrer patience et abnégation tout au long de la rencontre.
"On a vu dès le départ que ce match serait difficile mais on ramenait ce que l'on espérait : les trois points."
Le meneur de jeu français a dit souffrir des adducteurs : il était remplacé par Florent Malouda au milieu de la deuxième mi-temps.
Symbole de la satisfaction des Français, les joueurs ont poussé "le cri de guerre" pour la première fois depuis le début de l'ère Domenech.
"Cela veut dire beaucoup de choses. C'était vraiment l'expression du devoir accompli", a noté le sélectionneur.
Toutefois, Raymond Domenech, fidèle à son tempérament, a voulu relativiser l'importance de ce succès, rappelant que la qualification n'est pas encore acquise.
"Je suis déjà en train de penser aux prochains matches. Car un mauvais résultat en Suisse nous ramènerait dans une situation difficile."
"UNE VRAIE EQUIPE"
"Nous restons sur le même projet qui est de gagner ces quatre matches pour se qualifier tranquillement."
Le sélectionneur a reconnu que ses protégés retrouvaient de manière de plus en plus évidente une ambiance de club, comme celle qui prévalait lors du Mondial 1998.
"Cela faisait déjà un bout de temps que l'on s'en rend compte," a dit Domenech. "Il y a là une vraie équipe. Ils l'ont montré dans la préparation, à l'échauffement puis dans les vestiaires et sur le terrain.
"Ils ont pris conscience de l'enjeu. Ils ont envie d'aller en Allemagne. C'est ce qui fait une grande équipe."
Les Français, bien que chahutés pendant la première période, ont tenu bon, ne se laissant jamais embarqués dans le défi physique imposé par les Irlandais.
"Il fallait résister d'abord. On savait comment ils allaient jouer. Si vous ne résistez pas quand vous jouez en Irlande, il est inévitable que vous perdiez," a-t-il expliqué.
"En deuxième mi-temps, on a mieux géré la situation et ils n'ont pas su trouver les vraies armes pour nous battre."
Dans le camp irlandais, c'était la déception qui prévalait, le sélectionneur Brian Kerr estimant que son équipe ne méritait pas la défaite.
"Nous avons très bien joué, notamment en première mi-temps, un peu moins en seconde. Nous ne leur avons offert que très peu d'occasions de marquer," a commenté Kerr.
"Aussi, quand on voit le but que l'on encaisse, on ne peut qu'être déçu."
"Maintenant, nous allons devoir remporter nos deux derniers matches," a précisé le technicien irlandais. "Nous ne sommes pas encore hors course."