Le Mondial 2006 en Allemagne entaché par une série de revers
L'Allemagne, pays hôte du Mondial-2006 de football, a subi un cinglant revers avec l'annulation par la FIFA du gala d'ouverture prévu le 7 juin à Berlin et qui intervient quelques jours seulement après une polémique autour de la sécurité dans les stades.
La Fédération internationale de football (FIFA) a annoncé vendredi à la surprise générale qu'elle annulait le gala d'ouverture du Mondial, prévu dans le stade olympique de Berlin le 7 juin, deux jours avant le premier match qui opposera l'Allemagne au Costa Rica le 9 juin à Munich (sud).
La première rencontre dans l'enceinte berlinoise, opposant le Brésil à la Croatie, doit se tenir le 13 juin et le délai imparti est trop court, selon la FIFA, pour démonter les installations et changer le gazon.
"Cette annulation tardive n'a pas été une décision facile pour la FIFA", a assuré son président, Joseph Blatter. Mais "nous devons faire passer les aspects sportifs en priorité", selon le Suisse.
L'explication semble un peu courte d'autant que c'est la FIFA elle-même qui avait décidé d'organiser, pour la première fois de l'histoire du Mondial, un gala d'ouverture deux jours avant la cérémonie d'ouverture et le premier match.
La cérémonie d'ouverture à Munich a d'ailleurs été maintenue ainsi que celle de clôture le 9 juillet à Berlin à l'issue de la finale.
Selon le quotidien Berliner Zeitung à paraître samedi, la véritable explication à cette annulation est en fait financière.
La FIFA, qui devait entièrement financer ce gala de 90 minutes, avait alloué 25 millions d'euros à l'événement, un budget déjà largement dépassé, selon le journal.
Pour d'autres, la vraie raison serait un conflit entre la FIFA et le metteur en scène autrichien, André Heller, chargé d'orchestrer l'événement, selon le président de la commission des sports de la chambre des députés, Peter Danckert.
Car elle a vu les choses en grand: 7.000 bénévoles ont été recrutés, l'organisation du "show" a été confiée à Heller, la musique à Peter Gabriel et la chorégraphie au Français Philippe Découflé, resté célèbre pour sa mise en scène de la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques d'Albertville en 1992.
Des stars du ballon rond telles que Diego Maradona et Pelé devaient également y participer.
Le prix des places pour cet événement s'étalait de 100 à 750 euros.
L'annonce de cette annulation a fait l'effet d'une douche froide en Allemagne qui se prépare depuis cinq ans à ce Mondial et veut en faire une vitrine. Elle a d'ailleurs placé l'événement sous le signe de l'amitié en s'inventant un slogan: "Le monde invité chez des amis".
Le ministre de l'Intérieur, Wolfgang Schäuble, chargé du sport, a regretté cette décision tout comme le maire de la capitale, Klaus Wowereit.
De son côté, Heller a fait contre fortune bon coeur. "Les considérations artistiques, aussi remarquables soient-elles, doivent dans ce cas passer au second plan", a-t-il insisté.
Ce revers intervient toutefois au plus mauvais moment pour les organisateurs qui se débattent depuis mardi avec une polémique autour de la sécurité dans les 12 stades accueillant des rencontres.
Dans un rapport particulièrement sévère, la très influente association de protection des consommateurs, Stiftung Warentest, a relevé "des manquements graves" à la sécurité dans quatre stades, notamment l'"Olympiastadium" de Berlin.
En cas de bousculade dans le stade ou de gros mouvement de foule, ces manquements "pourraient avoir des conséquences dramatiques", selon l'association.
Deux-tiers des enceintes sont épinglées pour des manquements plus ou moins importants aux règles de sécurité édictées par la FIFA alors que quelque 1,4 milliard d'euros ont été consacrés ces dernières années à la construction ou à la rénovation des stades, selon elle.