Thierry Henry et Patrick Vieira parle de Roy Keane
Si la bravoure des grands guerriers se mesure aux éloges de leurs adversaires, Roy Keane est un géant. Thierry Henry et Patrick Vieira, anciens coéquipiers à Arsenal, ont souvent croisé les crampons du capitaine de l'équipe nationale irlandaise. Dire qu'ils ne sont pas des proches du bouillant Mancunien est plus qu'un euphémisme. Pourtant, les louanges pleuvent quand il s'agit de parler du milieu de terrain défensif.
"C'est un joueur pour lequel j'ai beaucoup de respect, explique le nouveau Juventino. C'est l'un des meilleurs à son poste. Avec lui, c'est un peu à l'amour à la haine. Parfois, ça peut dépasser les limites. Mais l'intimidation fait partie du jeu. Et il est bien tombé avec moi !" L'ancien chef de file des Gunners a quelques souvenirs de frictions communes avec Roy Keane. Les couloirs d'Highbury résonnent encore de certains noms d'oiseaux proférés par l'Irlandais lors de leur dernière confrontation en Premier League, au mois de février dernier (2-4).
D'une rudesse à faire pâlir Domenech
C'est ça Roy Keane. Un vrai joueur à l'ancienne. D'une rudesse à faire pâlir Raymond Domenech lorsqu'il sévissait sur les pelouses de Division 1. Capable de casser la jambe d'un adversaire (Alf Inge Haaland) volontairement et de l'avouer dans une autobiographie. Mais l'Irlandais n'a pas que des côtés obscurs. Thierry Henry tient à le souligner : "On parle de lui comme un hooligan. Oui, il est hargneux et teigneux mais c'est un super joueur de ballon. C'est une légende du football irlandais et de Manchester United." Devenu le fer de lance des Red Devils à la retraite d'Eric Cantona, "Spuds" (la patate) n'a pas que le tacle dans sa panoplie de footballeur. C'est aussi un joueur qui percute - au bon sens du terme - et sait apporter au niveau offensif.
Pendant la grande période mancunienne qui a emmené le club au sommet de l'Europe en 1999, Keane formait une paire axiale avec Paul Scholes absolument redoutable. Auteur de sept buts durant la campagne européenne victorieuse de MU, l'Irlandais avait définitivement gagné ses galons de grand joueur. Aujourd'hui, Keane et ses 34 printemps sont moins toniques et moins rugueux mais font toujours la loi sur les vertes pelouses de Premier League.
2002 reste une cicatrice
Successeur désigné d'Alex Ferguson à la tête de Manchester United, l'enfant de Cork a un dernier défi à relever avant la fin de sa carrière : faire un coup avec l'Eire. S'il a tout gagné en club, Keane (63 sélections) a un vide avec les Verts. La Coupe du monde 2002 reste une cicatrice dans son coeur de compétiteur. Critique vis à vis de la préparation et de son sélectionneur Mick McCarthy, le sulfureux irlandais est éjecté manu militari de la délégation. Sans lui, l'Eire attendra les huitièmes de finale du premier Mondial asiatique de l'histoire.
Après 1994, Captain Keane vise désormais une deuxième participation à la Coupe du monde. Pour cela, il faudra sans doute s'offrir le scalp de la France, mercredi soir à Lansdowne road. Un défi qui n'effraie par le fier Irlandais et qui a quelques points communs avec celui rempli en 2001 par les Verts, quand ceux-ci avaient battu les Pays-Bas (1-0) lors d'un match épique qui avait plongé les Néerlandais dans le désarroi le plus complet. Keane avait réalisé un match gigantesque. Les Français savent à quoi s'en tenir.